Entrer dans l’aventure freelance, c’est excitant, mais comprendre sa rentabilité réelle dès la première année, c’est crucial pour durer. Cet article te guide pour distinguer clairement ton chiffre d’affaires brut de ton revenu net, en intégrant toutes les charges et périodes non facturées. Tu apprendras à calculer ton seuil de rentabilité pour déterminer le chiffre d’affaires minimal qui assure la viabilité financière de ton activité. On verra aussi comment fixer un taux journalier moyen réaliste, prenant en compte ta rémunération et tes charges, et t’accompagner dans le suivi précis du temps facturable avec des outils adaptés. Enfin, tu découvriras comment adapter ta stratégie tarifaire selon ton statut juridique et ton marché.
Différencier chiffre d’affaires brut et revenu net pour évaluer la rentabilité réelle
Le chiffre d’affaires brut (CA) représente le total des facturations réalisées par le freelance, sans déduction aucune. Autrement dit, c’est la somme que tu affiches avant de retirer quoi que ce soit, mais il ne faut pas se méprendre : ce chiffre ne correspond pas au bénéfice réel que tu pourras toucher.
Le CA brut, une vue partielle
Ce CA inclut toutes les factures envoyées aux clients, mais il ne prend pas en compte les dépenses qu’il faudra impérativement retirer. En pensant uniquement en CA, tu risques de surestimer tes revenus et donc ta rentabilité.
Le revenu net : le véritable baromètre
Le revenu net obtient après avoir soustrait toutes les charges obligatoires : les cotisations sociales, les impôts spécifiques au statut (impôt sur les sociétés, contribution foncière des entreprises), ainsi que les frais professionnels (matériel, déplacements, abonnements, assurances).
Prendre en compte les jours non facturés
À cela s’ajoutent les périodes non facturées : congés, temps administratif, prospection, intermissions entre missions. Ces temps non facturables représentent une part non négligeable qu’il faut déduire pour avoir une vision fidèle de ta rentabilité réelle.
Comprendre cette distinction entre CA et revenu net est primordial : elle t’évite de te faire des illusions et t’aide à gérer tes finances avec un réalisme indispensable à ta viabilité dès la première année.
Calculer son seuil de rentabilité : point d’équilibre financier incontournable
Le seuil de rentabilité marque le niveau d’activité minimal à atteindre pour que les recettes couvrent l’ensemble des charges sans générer ni perte ni bénéfice.
Pour le calculer, tu dois distinguer les charges fixes de celles variables. Les charges fixes regroupent l’ensemble des coûts que tu dois payer quoi qu’il arrive : loyer de ton bureau ou espace de coworking, cotisations sociales minimales, assurances, abonnements logiciels, frais bancaires, etc. Les charges variables, elles, évoluent avec ton activité : frais de déplacement, fournitures, commissions liées aux ventes, charges sociales supplémentaires.
Voici la formule clé qui te guidera :
| Seuil de rentabilité | = | Charges fixes ÷ Taux de marge sur coûts variables (TMCV) |
|---|
Par exemple, si tu as 24 000 € de charges fixes et un TMCV de 0,80, ton seuil de rentabilité sera de 30 000 €. Cela signifie que tu dois générer au moins ce montant pour couvrir tous tes frais et commencer à sortir un bénéfice.
Connaître avec précision ce seuil t’aide à définir un objectif réaliste et à éviter les déceptions liées à une activité insuffisante.
Fixer un taux journalier moyen (TJM) réaliste intégrant rémunération et charges
Le TJM est un indicateur clé : c’est ce tarif que tu factures par jour de prestation à ton client, mais attention, il doit être calculé avec méthode.
Le TJM couvre plus que ton salaire net
Il intègre non seulement le salaire net que tu souhaites atteindre, mais aussi toutes les charges sociales, les taxes, les frais liés à ton activité, et surtout, il doit prendre en compte le temps non facturé.
Prendre en compte le temps non facturé
Sur une année de référence de 220 jours ouvrés, tu ne factures généralement que 120 à 150 jours. Le reste est consacré à la prospection, formation, gestion administrative, congés, etc. Ces jours invisibles dans la facturation doivent être intégrés dans tes calculs pour ne pas tomber dans le piège d’un TJM trop serré.
Les risques d’un TJM mal calculé
Fixer un TJM trop bas peut te plonger dans un cercle vicieux de sous-rémunération et stress financier. À l’inverse, un TJM réaliste et ajusté régulièrement selon ton expérience, ta valeur ajoutée et le marché garantit la pérennité de ton activité.
Si tu souhaites approfondir la fixation de ton TJM avec des méthodologies exactes, je t’invite à découvrir ce guide complet sur le calcul du TJM freelance(1).
L’importance du suivi du temps facturable et des charges via outils adaptés
Garder un œil précis sur ton temps facturé par rapport à ton temps réel passé est indispensable. En effet, si tes missions débordent largement sur le temps estimé, ta marge s’amenuise voire se transforme en perte.
Voici quelques conseils pratiques pour un suivi efficace :
- Consigne quotidiennement tes heures facturables et non facturables.
- Révise tes charges mensuellement pour rester à jour sur tes coûts réels.
- Utilise des tableaux de bord personnalisés pour visualiser l’évolution de ta rentabilité.
- Anticipe l’adaptation de ton TJM en fonction des données collectées.
- Intègre dans ton planning un temps réservé à la formation et à la prospection, capital pour ton développement.
Pour t’aider, les outils numériques comme Freebe ou Indy proposent des fonctionnalités intégrées de timetracking et gestion administrative, simplifiant énormément cette étape cruciale.
Un suivi régulier et rigoureux te permet de détecter rapidement les baisses de rentabilité et d’ajuster ton organisation et tarification avant qu’il ne soit trop tard.

Adapter sa stratégie tarifaire en fonction du statut juridique et du marché
Ton statut juridique exerce une influence directe sur ta rentabilité :
- Auto-entrepreneur : charges sociales simplifiées mais protection sociale limitée, souvent adapté aux débuts.
- EURL, SASU, SARL : charges plus lourdes, complexité administrative accrue, mais meilleure couverture et optimisation fiscale possible.
- Portage salarial : sécurité sociale complète mais frais de gestion impactant la rentabilité.
Le choix entre ces statuts doit se faire en fonction de ta situation, de tes besoins en protection et de ton plan de développement.
Le TJM doit également être ajusté selon :
- la concurrence locale et le positionnement du marché,
- ta valeur ajoutée et ton expertise,
- l’évolution de ta notoriété et de tes compétences.
Augmenter progressivement ton TJM, validé par des indicateurs objectifs et des retours clients positifs, est la meilleure stratégie pour maintenir une rentabilité saine.
Enfin, n’hésite pas à comparer régulièrement ton revenu net freelance avec ton ancien salaire salarié. Cette analyse t’aidera à ajuster tes objectifs financiers et la stratégie dans le détail de ta carrière indépendante.
Pour aller plus loin sur cette thématique, je te conseille cet article très complet qui explique le calcul de la rentabilité concrète en freelance(2).
Sources
- Mon Salaire en Net – Calcul TJM Freelance : Analyse complète. URL : www.mon-salaire-en-net.fr/calcul-tjm-freelance-analyse
- Hightekers – Comment calculer ses revenus freelance ? URL : www.hightekers.com/fr-fr/insights/comment-calculer-revenus-freelance


